Le Premier président de la Cour des comptes de la République démocratique du Congo, Jimmy Munganga Ngwaka, a présenté, ce mardi 27 octobre 2026, devant la plénière de l’Assemblée nationale, l’économie générale du rapport définitif relatif au contrôle de l’exécution de la loi de finances de l’exercice 2025. Ce rapport met en évidence des résultats macroéconomiques encourageants, mais également des irrégularités budgétaires importantes, des insuffisances dans la mobilisation des recettes et une sous-exécution préoccupante des dépenses d’investissement, particulièrement dans les secteurs sociaux et productifs. Cette présentation s’inscrit dans le cadre de la mission d’assistance au Parlement confiée à la Cour des comptes par la loi organique n° 18/024 du 13 novembre 2018. Elle vise à permettre aux représentants du peuple d’apprécier la conformité de l’utilisation des ressources publiques aux autorisations budgétaires accordées au Gouvernement.

L’exercice 2025 s’est déroulé dans un contexte marqué notamment par la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Malgré ces contraintes, certains indicateurs macroéconomiques ont évolué favorablement. La croissance économique s’est établie à 5,8 %, dépassant la prévision de 5,3 %, tandis que l’inflation moyenne a été ramenée à 7 %, contre 8,8 % attendus.Le rapport met également en évidence des insuffisances dans la gestion des budgets annexes, des comptes spéciaux et des budgets-programmes.

Si la Cour salue l’extension de ces derniers de sept à vingt ministères, elle relève que, sur 372 indicateurs de performance, 101 présentent des taux d’atteinte non déterminés. Des divergences ont également été constatées entre les rapports de performance de quinze ministères et le rapport consolidé.Face à ce constat, le Premier président préconise un renforcement du suivi parlementaire des recommandations, un dialogue institutionnel structuré entre le Gouvernement et la Cour des comptes, ainsi qu’une amélioration de la comptabilité publique. Il appelle également à mieux intégrer les enseignements des contrôles dans la préparation des budgets futurs et à promouvoir une véritable culture de redevabilité et de performance.

En conclusion, Jimmy Munganga Ngwaka a rappelé que la reddition des comptes ne doit pas être considérée comme une simple formalité légale, mais comme un instrument essentiel d’amélioration de la gestion publique. L’enjeu, a-t-il souligné en substance, est de garantir le respect des crédits votés par le Parlement, la transparence dans l’utilisation des deniers publics et la traduction effective des priorités nationales en résultats concrets pour la population.

La Cour des comptes réaffirme ainsi sa disponibilité à accompagner l’Assemblée nationale et le Gouvernement dans leurs responsabilités respectives, tout en préservant son indépendance, afin que les irrégularités constatées donnent lieu à des mesures correctrices durables

CellCom/Cour des comptes